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Je
manque de rose, c’est une forme d’anémie : une anémie de l’esprit, une
maladie de poète. À une autre époque, on appelait cela « le mal du siècle »,
une maladie de l’âme qui s’apparente à l’atonie. Les psychologues vous diront
que vous souffrez d’apragmatisme ; en fait, cela veut dire que vous êtes tout
simplement morose, c’est-à-dire en mal de rose.
En
général, la vie manque de rose. Je parle du rose, de la couleur, non de la
fleur ; je parle de l’absence de couleur, je parle du syndrome post-Saint-Valentin.
Je m’adresse aux suicidaires de février, en mal de rose, en manque de rose.
Je
dis à tous les névrosés de février de ne jamais perdre espoir, car le rose, il
arrive même qu’il finisse par pleuvoir ! Il ne s’agit pas de voir la vie
en rose : il s’agit tout simplement d’espérer
le rose, de l’attendre. C’est une erreur de penser que le vert est la couleur
de l’espérance ; c’est une erreur de croire que le blanc est le contraire
du noir. L’espoir est rose, c’est une vérité de La Palice.
Le
ciel devrait être rose, même quand il pleut ; c’est ce que je me dis quand
je pense à un ami qui m’appelle pour me dire qu’il veut mourir. Alors je me
mets à rêver à cette « pluie de roses » que nous annonce sainte
Thérèse de l’Enfant-Jésus, poète extatique du rose absolu. Certains jours, moi,
je voudrais y croire.
En
général, le monde m’ennuie : il manque de couleurs, de fleurs, de poètes,
et d’enfants assez fous pour croire que les roses, oui, elles peuvent pleuvoir!
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Écrire, ce n'est pas penser, c'est regarder. Quand quelqu'un me demande : « Qu'est-ce que vous écrivez? », je réponds : « Des phrases, avec beaucoup de virgules. » L'écriture, je n'ai rien trouvé de mieux à ce jour pour garder les deux pieds sur terre.
jeudi 27 février 2014
Je manque de rose
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