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Opéra de Montréal,
La traviata, 2012-2013 |
Je ne sais pas ce qui m’a pris, c’est arrivé comme ça sans
trop que j’y pense. Une envie irrépressible, incontrôlable, presque une
urgence, un besoin impérieux, vital, viscéral, comme si le reste de ma vie en
dépendait…
Papillons dans le ventre, démangeaisons gênantes, borborygmes
tonitruants, impossible de calmer la rumeur, d’éteindre le feu, de passer outre.
C’est arrivé comme ça, sans s’annoncer, de manière
impromptue, comme de la « visite » qu’on n’attend pas, une
démangeaison de l’âme, un appel, « un bruit sourd venant d’outre-tombe »
comme dit Barbara.
C’était dimanche, c’était hier, cela n’a aucune importance. Et,
sans plus tarder, sans réfléchir, j’ai fléchi, j’ai flanché, j’ai succombé à
l’appel : CALLAS! « La traviata » (c’était donc cela « ce
bruit sourd venant d’outre-tombe »).
J’ai préparé un seau d’eau chaude dans lequel j’ai ajouté
quelques gouttes de savon à vaisselle et du vinaigre et j’ai sorti des chiffons
doux. En moins d’une heure, j’avais déjà lavé toutes les fenêtres de la maison!
Rien de tel que l’opéra pour nettoyer les vitres! Rien de
mieux pour faire chanter le cristal! Laver ses vitres relèverait donc de l’art
lyrique? C’est la réflexion que je me faisais, tout en appuyant fort sur le
chiffon, en ce dimanche idéal où Callas s’époumonait à qui mieux mieux.